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Avoir une bonne nuit de sommeil

Bien que l’on pense fréquemment que les personnes âgées ont moins besoin de sommeil que les jeunes, l’insomnie est un trouble dont beaucoup d’entre elles se plaignent. Certains rapports affirment que 12 à 25% des « seniors » en bonne santé souffrent d’insomnie chronique et qu’elle est, bien entendu, encore plus fréquente chez les personnes atteintes de maladies physiques ou psychiatriques. Il peut s’agir de difficultés à s’endormir, de réveils fréquents ou prolongés pendant la nuit, ou d’un réveil prématuré avec impossibilité de se rendormir. L’insomnie chronique a été accusée d’entraîner un état dépressif et elle pourrait précipiter l’admission en maison de retraite, de sorte qu’il est légitime de lui chercher un traitement.

Bien que les sédatifs soient indiscutablement efficaces, au moins aussi longtemps qu’on les prend, on en sait moins sur le traitement dit cognitif-comportemental. Une étude récente a comparé l’efficacité de la thérapie comportementale, du traitement médicamenteux et de l’association de ces deux types de traitements avec l’absence de tout traitement.

Les participants à l’étude ont été recrutés grâce à des annonces dans des journaux ou par leurs médecins de famille. Ils devaient être atteints d’insomnie chronique depuis six mois au moins et être âgés de plus de 55 ans. Après un bilan soigneux, ils ont été assignés aléatoirement à l’un des quatre traitements suivants : thérapie comportementale, traitement médicamenteux, association de la thérapie comportementale et du traitement médicamenteux, ou « placebo ». Au total, 78 sujets ont été enrôlés. Leur âge moyen était de 65 ans et les deux tiers d’entre eux étaient des femmes. La plupart avaient essayé des somnifères et souffraient d’insomnie depuis plus de 16 ans.

On a demandé aux sujets de tenir un carnet journalier de leur sommeil pendant les deux semaines précédant le traitement et pendant les huit semaines de la phase de traitement. Dans ce carnet, ils devaient noter l’heure du coucher, l’heure du lever, le temps d’endormissement et le temps pendant lequel ils restaient éveillés après avoir dormi. Ils ont passé trois nuits dans le laboratoire d’étude du sommeil avant et à la fin du traitement; cela impliquait de dormir en portant des électrodes céphaliques et avec des caméras enregistrant leurs stades de sommeil et les mouvements de leurs membres. Les sujets ont également répondu à un questionnaire pour compléter les informations de leur carnet. Cela leur a permis de donner un score à la sévérité de leur insomnie et son retentissement sur les activités de la journée.

La thérapie comportementale cognitive suivait trois axes : la restriction du sommeil, le contrôle du stimulus et l’éducation. Pour la « restriction du sommeil », le temps passé au lit était réduit à la durée de sommeil réel. Si quelqu’un indiquait qu’il dormait six heures en moyenne sur huit heures passées au lit, on l’autorisait à rester couché six heures au maximum pendant la première semaine; cette « fenêtre de sommeil » était modifiée chaque semaine en fonction de la durée de sommeil consignée dans le carnet journalier.

Le « contrôle du stimulus » servait à persuader le sujet d’associer le lit au sommeil plutôt qu’à l’insomnie. Les participants ne devaient pas aller se coucher s’ils n’étaient pas somnolents, ne devaient aller se coucher que pour dormir ou avoir des rapports sexuels et devaient se lever et passer dans une autre pièce s’ils ne parvenaient pas à s’endormir dans un délai de 15 minutes; ils devaient quitter leur lit aussi souvent que nécessaire. Ils devaient se lever à la même heure chaque matin, quelle qu’ait été la durée de leur sommeil. Une petite sieste était autorisée dans la journée, mais pas après 15 h.

L’ »éducation du sommeil » consistait à corriger les idées irréalistes sur le besoin de sommeil, les peurs des effets de l’insomnie et les idées fausses sur les moyens de s’endormir. Elle concernait également les effets de l’alimentation, de l’exercice, des boissons (café, thé et alcool) et des facteurs environnementaux de la chambre à coucher (température, lumière, fenêtres ouvertes, etc.) sur le sommeil.

Le médicament utilisé était une benzodiazépine, prise une heure avant le coucher. Des gélules ordinaires en gélatine étaient administrées au groupe placebo.

Pour voir comment se maintenaient les bénéfices du traitement, tous les sujets ont été contactés 3, 12 et 24 mois après la fin du traitement et on leur demandait de tenir un carnet journalier pendant deux semaines.

Les résultats ont montré que les trois traitements actifs (thérapie comportementale, traitement médicamenteux et association des deux) ont été plus efficaces que les gélules placebo. Par exemple, d’après les notes des journaux, la durée moyenne d’insomnie après l’endormissement a été diminuée de 64% dans le groupe recevant le traitement associé, de 55% dans le groupe soumis à la thérapie comportementale, et de 47% dans le groupe recevant le traitement médicamenteux, contre 17% dans le groupe placebo. Les questionnaires et les résultats obtenus dans le laboratoire d’étude du sommeil ont confirmé ces observations.

Les carnets journaliers tenus pendant la période de suivi ont montré, chez les participants soumis à la thérapie comportementale, que l’amélioration s’est maintenue pendant les 24 mois, alors que ça n’a pas été le cas avec le traitement médicamenteux. La thérapie comportementale et le traitement médicamenteux ont atteint leur effet maximum juste à la fin de la période de traitement de 8 semaines, puis cet effet s’est progressivement atténué chez les patients prenant le médicament, pour revenir pratiquement au niveau initial au bout de deux ans. D’autre part, l’insomnie est revenue à 60% environ de son niveau initial chez les patients soumis à la thérapie comportementale. Cela n’a rien de surprenant car les modifications du comportement sont bien évidemment destinées à exercer des effets à long terme.

Il a été plus surprenant de constater que le traitement associé (thérapie comportementale plus traitement médicamenteux) était un peu moins efficace que la thérapie comportementale seule. Les médecins réalisant cette étude pensent que les sujets recevant le médicament ont attribué leur amélioration à ce dernier et qu’ils avaient donc plus de chances de rechuter lors de son arrêt. (Ou peut-être ont-ils été moins attentifs aux séances de thérapie comportementale du fait d’un effet sédatif du médicament?)

Quoi qu’il en soit, l’étude montre que l’insomnie du sujet âgé peut être traitée et que des approches non pharmacologiques relativement simples peuvent s’avérer étonnamment efficaces et durables.

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2 réponses à “Avoir une bonne nuit de sommeil”

  1. Moi j’ai du mal à dormir la nuit car j’ai deux soucis, mon projet d’entreprise et une autre chose et je pense que c’est surtout celà ! j’ai arrêté la cigarette depuis le 27 décembre 2011 ! bon j’en suis fier mais c’est dur…

    Ton article sur l’insomnie est vraiment bien fait !

  2. Se féliciter des choses que l’on a déjà fait dans la journée et répertorier toutes les belles choses qui se sont produites permettent de s’endormir sur une note positive et de mieux dormir. Je le fais tous les soirs.
    Tes conseils techniques sont aussi précieux pour ceux qui ont déréglé leur sommeil depuis longtemps.
    Je trouve ton article très complet

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